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mercredi 22 septembre 2010
jeudi 15 juillet 2010
la question à 10 000 pounts....
"dis maman, comment i'z' entrent dans le ventre les bébés???"
(euh, laisse moi choisir mes mots deuzgondes mon p'tit cœur steuplééé.... je prends un air détaché et je me lance)
-bah il faut un papa et une maman qui s'aiment vraiment vraiment foooort comme des papas et des mamans et au bout d'un moment ça fait comme une petite graine qui se transforme doucement en bébé (coup d'oeil vers le questionneur fou... est-il satisfait par cette réponse ou vais-je avoir le droit d'expliquer d'où vient la graine???)
- ah d'accord.. (ouf! ça lui suffit) mais après... (aïe!!!) par où ki sortent les bébés en vrai? [...]
tout ça parce que monsieur est dans sa période "docteur-julot", qu'il ne sort jamais sans son stéthoscope et qu'il m'a vue travailler sur une histoire de bébé dans le ventre... J'vous jure, j'pensais pas que ça viendrait si vite les questions existentielles!!! mais je trouve que je m'en suis plutôt bien sortie!! ;-)
edit et suite de la discussion...
[...]
- ah d'accord.. (ouf! ça lui suffit) mais après... (aïe!!!) par où ki sortent les bébés en vrai?
- à ton avis?
- chai pô.
- soit c'est comme maman et c'est le docteur qui le sort en faisant une opération qui ouvre un petit peu le ventre comme tu as vu avec ma cicatrice , soit les bébés peuvent sortir naturellement et là ils passent par la nénette des mamans, mais elles sont quand même aidées par des docteurs paske c'est pas fastoche fastoche tu vois...
(il a l'air de voir et maintenant il voudrait bien une glace avec un cornet... hihihi je me demande si tout ceci n'avait pas pour but qu'on lui file sa glace sans broncher, trop heureux de changer de discussion ;-)
(euh, laisse moi choisir mes mots deuzgondes mon p'tit cœur steuplééé.... je prends un air détaché et je me lance)
-bah il faut un papa et une maman qui s'aiment vraiment vraiment foooort comme des papas et des mamans et au bout d'un moment ça fait comme une petite graine qui se transforme doucement en bébé (coup d'oeil vers le questionneur fou... est-il satisfait par cette réponse ou vais-je avoir le droit d'expliquer d'où vient la graine???)
- ah d'accord.. (ouf! ça lui suffit) mais après... (aïe!!!) par où ki sortent les bébés en vrai? [...]
tout ça parce que monsieur est dans sa période "docteur-julot", qu'il ne sort jamais sans son stéthoscope et qu'il m'a vue travailler sur une histoire de bébé dans le ventre... J'vous jure, j'pensais pas que ça viendrait si vite les questions existentielles!!! mais je trouve que je m'en suis plutôt bien sortie!! ;-)
edit et suite de la discussion...
[...]
- ah d'accord.. (ouf! ça lui suffit) mais après... (aïe!!!) par où ki sortent les bébés en vrai?
- à ton avis?
- chai pô.
- soit c'est comme maman et c'est le docteur qui le sort en faisant une opération qui ouvre un petit peu le ventre comme tu as vu avec ma cicatrice , soit les bébés peuvent sortir naturellement et là ils passent par la nénette des mamans, mais elles sont quand même aidées par des docteurs paske c'est pas fastoche fastoche tu vois...
(il a l'air de voir et maintenant il voudrait bien une glace avec un cornet... hihihi je me demande si tout ceci n'avait pas pour but qu'on lui file sa glace sans broncher, trop heureux de changer de discussion ;-)
Libellés :
être maman c'est pas facile tous les jours
mardi 13 avril 2010
rendre à césar, fin. (si toi aussi tu as une césarienne, sache que...)
Je parlais de tristesse qui t'attend... je crois qu'il y en a toujours un peu dans la naissance, quelle qu'elle soit. On l'appelle baby blues, ou dépression post-partum... on l'appelle bien comme on veut d'ailleurs mais elle est là, plus ou moins à fleur de peau.
J'ai rencontré des mamans qui "faisaient leur job" de mère de manière automatique, sans réussir à tisser de lien avec ce petit être humain si déroutant... et qui pleuraient toutes les larmes de leur corps à force de se sentir incapable d'amour.
Moi, j'ai eu cette chance immense, et pas automatique quoi qu'on en dise, de reconnaitre mon fils immédiatement dès qu'il a jailli au dessus du champ opératoire bleu. C'était lui, ce bébé tout en joues que j'avais admiré lors des échos. Au delà même il m'a semblé immédiatement déceler toute la part d'histoire familiale qu'il portait, ce petit rital aux yeux bleus, ce parfait mélange de l'Amour et moi. Je n'ai rencontré aucune barrière à l'amour, aux cajoleries , au maternage. Et immédiatement une relation mère enfant s'est établie avec ce petit d'homme qui avait déjà une personnalité marquée et à mon goût.
Pourtant vite, très vite, s'est abattue sur moi une déferlante de colère et d'impuissance. Je ne réussissais pas à passer au dessus de ce sentiment d'échec de l'accouchement, j'étais une recalée de la maternité... au rebut, rangée au fond de mon couloir avec les autres césarisées.
La première difficulté fût de réussir à attraper mon fils dans son petit lit en plexi' avec ma cicatrice fraîche... ça m'a couté quelques acrobaties et quelques pleurs de désœuvrement aussi.
Et puis quand on croit qu'on va enfin pouvoir redevenir actrice de sa maternité on se retrouve spectatrice larmoyante du premier bain, du premier change... clouée au lit, clouée et transpercée de douleur de ne pas être celle qui plonge le bébé dans l'eau tiède et qui lui parle en ce moment. Les professionnelles parlent au bébé de moi, elle lui disent que maman est juste à côté, qu'elle aimerait bien le faire mais que c'est encore trop dur pour elle, elles sont délicates mais n'imaginent pas combien chaque parole est un coup de couteau dans mon cœur béant.
Assez vite je me suis rendu compte que la tétée ne se passait pas parfaitement, les auxiliaires se suivent et me disent toutes que je fais "comme il faut" mais que la montée de lait se fait capricieuse... ça vire vite à l'obsession et ça devient douloureux sans raison apparente, le bébé est bien positionné, je n'ai pas de crevasse, je n'ai pas d'engorgement non plus...Heureusement une auxiliaire prenant sa garde de nuit passe un soir, ce doit être le troisième jour que nous nous battons avec cette histoire et que je me vide de larmes non stop... elle entre dans notre chambre, je suis seule avec mon bébé endormi et mes larmes roulent et tombent sur le drap sans que je puisse les contrôler. Elle s'assied. Elle me console, elle me pose des questions sur la naissance de Jules, sur ce que j'ai ressenti, elle me dit qu'il est beau et en pleine forme... elle me dit que ce bébé qui souri aux anges se sent bien près de moi, et qu'il a l'air ravi de sa maman... elle me demande si j'ai besoin de prendre une douche, elle m'aide à me laver les cheveux et elle fini par m'apporter un petit verre avec du lait maternisé pour que jules soit rassasié et moi rassurée pour la pesée du lendemain. La pesée... quelle horreur! Je préfèrerais ne pas en parler mais si une future maman me lit qu'elle sache qu'on pèse un bébé à la maternité, chaque matin, pour voir si il grossit bien... si la courbe de poids chute trop longtemps comme ce fût le cas pour nous, alors on se sent vraiment en dessous de tout... on est une mauvaise mère qui ne nourrit pas bien son enfant et en punition on risque de rester sous surveillance à la maternité plus longtemps... bah oui puisqu'on n'est pas encore capable.... de ces moments de pesée m'est restée une expression lâchée sous le regard interloquée de la dame devant son pèse bébé... "moi j'essaye juste de ne pas le faire mourir pour le moment"... certainement cette dame a noté l'expression et l'a répétée à la relève en disant que "la 210" (mon matricule) était bizarre... Peut être même que cette gentille auxiliaire qui prenait son temps avec nous ce soir avait su ces paroles et les avait entendues. Toujours est-il qu'elle m'a maternée pendant toute sa garde et les suivantes jusqu'à ce qu'elle me sente bien. Je n'ai jamais pu la remercier, mais je pense à elle chaque fois que mon image de mère en prend un coup. Il s'est avéré une quinzaine de jours plus tard que c'était le stress de mal faire qui empêchait la montée de lait, en effet, le jour où j'ai décidé d'abandonner, à la minute où j'ai pris la pilule qui stoppe le mécanisme de l'allaitement je me suis mise à fuir du lait de partout, jusque sur mes pieds et sur le parquet... mon médecin m'avait prévenue, il en était persuadé. Longtemps je me suis demandé si ce n'était pas la peur de mal faire qui avait aussi bloqué l'accouchement... je ne le saurai sans doute jamais, mais pour moi c'est la raison.
Je suis rentrée à la maison au bout de cinq jours, je n'avais pas le choix car mon mari n'avait pas de congé paternité, il commençait un nouveau travail cette semaine là... je suis restée seule à la maison avec ce "bébé à ne pas faire mourir", j'ai appelé deux fois sos médecin persuadée que ça n'allait pas... j'ai fait un petit tour d'ambulance pour cause de phlébite soupçonnée, et puis j'ai fini par appeler ma mère au secours...
Mon amoureux aussi gardera des séquelles de cet accouchement par césarienne en urgence. Il a été très choqué par le bloc opératoire, par mes larmes, par la fulgurance de la naissance et par son sentiment d'impuissance... à la maternité il n'est presque jamais venu seul, comme s'il avait peur... il a ressenti le besoin "d'aller à la mer" -ce qui me semble psychanalysable- dès le lendemain avec SA mère, en plus... je me suis sentie un peu honteuse face à lui, de ne pas avoir réussi à lui offrir le moment qu'on avait imaginé. Je n'ai jamais ressenti de fierté dans ses yeux, et il était trop mal à l'aise pour me prendre dans ses bras... ça s'est estompé quand j'ai pu retrouver la station debout et que les maux physiques de la naissance ont disparu. Jules avait environ 15 jours quand je me suis sentie fière de moi pour la première fois. Il n'a jamais eu l'air de souffrir de la tempête qui grondait dans nos têtes, toujours calme et éveillé... comme le sont parait-il les "bébés césarienne"... comme s'il avait conscience qu'il fallait aider ses parents à se remettre debout et ne pas rajouter à leurs peurs... Avec le recul, je me demande comment j'ai pu avoir peur pour lui... il n'y avait qu'à le regarder pour savoir que tout allait bien, que nous étions ses parents, des parents débordants d'amour, juste débutants et maladroits... et un peu surpris aussi. Mais ça dans le tumulte des premières semaines de parentalité c'est impossible.
Dans 45 jours ma deuxième césarienne est programmée. Vous allez être étonnées, c'est moi qui ai tranché pour cette solution... bien sûr j'espère secrètement que Marius se décidera à naître avant et par voie basse, la voie royale!
Mais je me refuse à penser à une seconde césarienne d'urgence, trop traumatisante. Alors quinze jours avant terme nous avons rendez-vous avec la même obstétricienne que pour Jules, dans le même bloc... l'angoisse de ne pas savoir ce qu'il se passe en moins.
Marius sera un beau bébé, joufflu comme son frère, je l'ai vu à l'écho! et cette fois mon premier mot ne sera pas "pardon" mais "bienvenue" comme il se doit. Et j'y vais avec le sentiment d'avoir pris la bonne décision pour nous quatre, j'y vais légère, mari briefé, parents prêts à venir aider, paquets de mouchoirs sur la table de nuit, prête à pleurer des larmes de désœuvrement, un peu... des armes de joie, surtout.
La césarienne n'a pas fait de moi une pire ou une meilleure maman, la césarienne m'a permis de donner la vie à un petit garçon merveilleux, bientôt deux. Si elle n'avait pas été là, peut être que lui et moi nous ne serions plus là aujourd'hui non plus, dans un autre temps dans d'autres circonstances peut être que ce recours médical n'aurait pas pu nous/lui sauver la vie...
Je n'ai plus de honte à parler de la naissance de mon fils, c'était une belle rencontre après tout... et si ça peut lever un peu le voile aux futures mamans primipares sur cette "complication" qui est finalement un beau progrès, alors tant mieux.
mères "césarisées" n'hésitez pas à demander vos bébés dès la naissance si vous en éprouvez l'envie, n'hésitez pas non plus à renoncer à allaitement si c'est trop lourd pour vous qui avez déjà tant enduré... n'hésitez pas à pleurer, ni à demander de l'aide... parfois un peu d'écoute fait des miracles.
Osez poser des questions, plein, il n'y a pas de questions idiotes. Et ne vous mettez pas la pression, vous êtes la meilleure mère qu'il soit pour cet enfant et vous seule savez ce dont vous avez besoin. La meilleure des choses, le plus naturelle c'est d'être à sa façon "maman"... et ça se construit sur le long terme et parfois dans la douleur, mais ce ne devrait pas être conditionné par votre capacité à accoucher ou à allaiter, mais par cette force innée qui déboule avec le bébé de se remettre en question pour son bien à lui, sans cesse et pour toujours. A mon sens c'est ça être mère et c'est de cela dont nous pouvons être fières.
J'ai rencontré des mamans qui "faisaient leur job" de mère de manière automatique, sans réussir à tisser de lien avec ce petit être humain si déroutant... et qui pleuraient toutes les larmes de leur corps à force de se sentir incapable d'amour.
Moi, j'ai eu cette chance immense, et pas automatique quoi qu'on en dise, de reconnaitre mon fils immédiatement dès qu'il a jailli au dessus du champ opératoire bleu. C'était lui, ce bébé tout en joues que j'avais admiré lors des échos. Au delà même il m'a semblé immédiatement déceler toute la part d'histoire familiale qu'il portait, ce petit rital aux yeux bleus, ce parfait mélange de l'Amour et moi. Je n'ai rencontré aucune barrière à l'amour, aux cajoleries , au maternage. Et immédiatement une relation mère enfant s'est établie avec ce petit d'homme qui avait déjà une personnalité marquée et à mon goût.
Pourtant vite, très vite, s'est abattue sur moi une déferlante de colère et d'impuissance. Je ne réussissais pas à passer au dessus de ce sentiment d'échec de l'accouchement, j'étais une recalée de la maternité... au rebut, rangée au fond de mon couloir avec les autres césarisées.
La première difficulté fût de réussir à attraper mon fils dans son petit lit en plexi' avec ma cicatrice fraîche... ça m'a couté quelques acrobaties et quelques pleurs de désœuvrement aussi.
Et puis quand on croit qu'on va enfin pouvoir redevenir actrice de sa maternité on se retrouve spectatrice larmoyante du premier bain, du premier change... clouée au lit, clouée et transpercée de douleur de ne pas être celle qui plonge le bébé dans l'eau tiède et qui lui parle en ce moment. Les professionnelles parlent au bébé de moi, elle lui disent que maman est juste à côté, qu'elle aimerait bien le faire mais que c'est encore trop dur pour elle, elles sont délicates mais n'imaginent pas combien chaque parole est un coup de couteau dans mon cœur béant.
Assez vite je me suis rendu compte que la tétée ne se passait pas parfaitement, les auxiliaires se suivent et me disent toutes que je fais "comme il faut" mais que la montée de lait se fait capricieuse... ça vire vite à l'obsession et ça devient douloureux sans raison apparente, le bébé est bien positionné, je n'ai pas de crevasse, je n'ai pas d'engorgement non plus...Heureusement une auxiliaire prenant sa garde de nuit passe un soir, ce doit être le troisième jour que nous nous battons avec cette histoire et que je me vide de larmes non stop... elle entre dans notre chambre, je suis seule avec mon bébé endormi et mes larmes roulent et tombent sur le drap sans que je puisse les contrôler. Elle s'assied. Elle me console, elle me pose des questions sur la naissance de Jules, sur ce que j'ai ressenti, elle me dit qu'il est beau et en pleine forme... elle me dit que ce bébé qui souri aux anges se sent bien près de moi, et qu'il a l'air ravi de sa maman... elle me demande si j'ai besoin de prendre une douche, elle m'aide à me laver les cheveux et elle fini par m'apporter un petit verre avec du lait maternisé pour que jules soit rassasié et moi rassurée pour la pesée du lendemain. La pesée... quelle horreur! Je préfèrerais ne pas en parler mais si une future maman me lit qu'elle sache qu'on pèse un bébé à la maternité, chaque matin, pour voir si il grossit bien... si la courbe de poids chute trop longtemps comme ce fût le cas pour nous, alors on se sent vraiment en dessous de tout... on est une mauvaise mère qui ne nourrit pas bien son enfant et en punition on risque de rester sous surveillance à la maternité plus longtemps... bah oui puisqu'on n'est pas encore capable.... de ces moments de pesée m'est restée une expression lâchée sous le regard interloquée de la dame devant son pèse bébé... "moi j'essaye juste de ne pas le faire mourir pour le moment"... certainement cette dame a noté l'expression et l'a répétée à la relève en disant que "la 210" (mon matricule) était bizarre... Peut être même que cette gentille auxiliaire qui prenait son temps avec nous ce soir avait su ces paroles et les avait entendues. Toujours est-il qu'elle m'a maternée pendant toute sa garde et les suivantes jusqu'à ce qu'elle me sente bien. Je n'ai jamais pu la remercier, mais je pense à elle chaque fois que mon image de mère en prend un coup. Il s'est avéré une quinzaine de jours plus tard que c'était le stress de mal faire qui empêchait la montée de lait, en effet, le jour où j'ai décidé d'abandonner, à la minute où j'ai pris la pilule qui stoppe le mécanisme de l'allaitement je me suis mise à fuir du lait de partout, jusque sur mes pieds et sur le parquet... mon médecin m'avait prévenue, il en était persuadé. Longtemps je me suis demandé si ce n'était pas la peur de mal faire qui avait aussi bloqué l'accouchement... je ne le saurai sans doute jamais, mais pour moi c'est la raison.
Je suis rentrée à la maison au bout de cinq jours, je n'avais pas le choix car mon mari n'avait pas de congé paternité, il commençait un nouveau travail cette semaine là... je suis restée seule à la maison avec ce "bébé à ne pas faire mourir", j'ai appelé deux fois sos médecin persuadée que ça n'allait pas... j'ai fait un petit tour d'ambulance pour cause de phlébite soupçonnée, et puis j'ai fini par appeler ma mère au secours...
Mon amoureux aussi gardera des séquelles de cet accouchement par césarienne en urgence. Il a été très choqué par le bloc opératoire, par mes larmes, par la fulgurance de la naissance et par son sentiment d'impuissance... à la maternité il n'est presque jamais venu seul, comme s'il avait peur... il a ressenti le besoin "d'aller à la mer" -ce qui me semble psychanalysable- dès le lendemain avec SA mère, en plus... je me suis sentie un peu honteuse face à lui, de ne pas avoir réussi à lui offrir le moment qu'on avait imaginé. Je n'ai jamais ressenti de fierté dans ses yeux, et il était trop mal à l'aise pour me prendre dans ses bras... ça s'est estompé quand j'ai pu retrouver la station debout et que les maux physiques de la naissance ont disparu. Jules avait environ 15 jours quand je me suis sentie fière de moi pour la première fois. Il n'a jamais eu l'air de souffrir de la tempête qui grondait dans nos têtes, toujours calme et éveillé... comme le sont parait-il les "bébés césarienne"... comme s'il avait conscience qu'il fallait aider ses parents à se remettre debout et ne pas rajouter à leurs peurs... Avec le recul, je me demande comment j'ai pu avoir peur pour lui... il n'y avait qu'à le regarder pour savoir que tout allait bien, que nous étions ses parents, des parents débordants d'amour, juste débutants et maladroits... et un peu surpris aussi. Mais ça dans le tumulte des premières semaines de parentalité c'est impossible.
Dans 45 jours ma deuxième césarienne est programmée. Vous allez être étonnées, c'est moi qui ai tranché pour cette solution... bien sûr j'espère secrètement que Marius se décidera à naître avant et par voie basse, la voie royale!
Mais je me refuse à penser à une seconde césarienne d'urgence, trop traumatisante. Alors quinze jours avant terme nous avons rendez-vous avec la même obstétricienne que pour Jules, dans le même bloc... l'angoisse de ne pas savoir ce qu'il se passe en moins.
Marius sera un beau bébé, joufflu comme son frère, je l'ai vu à l'écho! et cette fois mon premier mot ne sera pas "pardon" mais "bienvenue" comme il se doit. Et j'y vais avec le sentiment d'avoir pris la bonne décision pour nous quatre, j'y vais légère, mari briefé, parents prêts à venir aider, paquets de mouchoirs sur la table de nuit, prête à pleurer des larmes de désœuvrement, un peu... des armes de joie, surtout.
La césarienne n'a pas fait de moi une pire ou une meilleure maman, la césarienne m'a permis de donner la vie à un petit garçon merveilleux, bientôt deux. Si elle n'avait pas été là, peut être que lui et moi nous ne serions plus là aujourd'hui non plus, dans un autre temps dans d'autres circonstances peut être que ce recours médical n'aurait pas pu nous/lui sauver la vie...
Je n'ai plus de honte à parler de la naissance de mon fils, c'était une belle rencontre après tout... et si ça peut lever un peu le voile aux futures mamans primipares sur cette "complication" qui est finalement un beau progrès, alors tant mieux.
mères "césarisées" n'hésitez pas à demander vos bébés dès la naissance si vous en éprouvez l'envie, n'hésitez pas non plus à renoncer à allaitement si c'est trop lourd pour vous qui avez déjà tant enduré... n'hésitez pas à pleurer, ni à demander de l'aide... parfois un peu d'écoute fait des miracles.
Osez poser des questions, plein, il n'y a pas de questions idiotes. Et ne vous mettez pas la pression, vous êtes la meilleure mère qu'il soit pour cet enfant et vous seule savez ce dont vous avez besoin. La meilleure des choses, le plus naturelle c'est d'être à sa façon "maman"... et ça se construit sur le long terme et parfois dans la douleur, mais ce ne devrait pas être conditionné par votre capacité à accoucher ou à allaiter, mais par cette force innée qui déboule avec le bébé de se remettre en question pour son bien à lui, sans cesse et pour toujours. A mon sens c'est ça être mère et c'est de cela dont nous pouvons être fières.
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samedi 13 février 2010
accélération
Jules est H.S avec cette fichue maladie. Ce matin nous avons signé le compromis pour le terrain... nous sommes toujours un peu dans le vague quant à la maison, mais on devrait être bien éclaircis mardi. Pendant qu'on signait, jules a dessiné son petit frère... ;-) "regarde, c'est maïus!!"
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maison
vendredi 15 janvier 2010
Travail à temps complet
laissez moi vous parler un peu de mon job de maman...
[...] A part ça ce matin il m'a demandé pourquoi yanis (le seul métisse de la classe) n'avait pas la même couleur que les autres... je lui ai sorti mon laïus sur le thème bah parce qu'on est tous différents, on a mit nos bras les uns à côté des autres avec éléa et on a constaté que même si on était tous "roses" y en avait des plus pâles que d'autres, on s'est regardé les yeux, et fichtre oui, on n'a pas la même couleur et les cheveux? bah non plus.
Donc tout est normal, yanis est juste plus foncé que les autres, avec des yeux noirs comme jade et des cheveux noirs comme maman.
jules se penche vers moi avec l'oeil brillant et me dit "bah oui, bah tu sais, même son zizi il est tout marron!"
héhé...
éléa a pouffé à l'énoncé du mot "zizi" et moi j'ai souri de la situation et un peu aussi je dois bien l'avouer d'avoir répondu correctement ( du moins je ne pense pas m'être vautrée totalement!) à cette épineuse question!!! et déjà un peu fierotte en imaginant le super petit adulte tolérant et ouvert au monde que je suis en train de fabriquer!
good job maman!
les grandes questions débarquent, d'où je viens? pourquoi je suis sorti en premier du ventre de maman? c'est quoi "toujours"? "c'est quoi l'amour?" (pour paraphraser TF one)
et avec ça mon job de maman monte en grade, attention, je sens ma responsabilité grossir à vue d'œil!
[...] A part ça ce matin il m'a demandé pourquoi yanis (le seul métisse de la classe) n'avait pas la même couleur que les autres... je lui ai sorti mon laïus sur le thème bah parce qu'on est tous différents, on a mit nos bras les uns à côté des autres avec éléa et on a constaté que même si on était tous "roses" y en avait des plus pâles que d'autres, on s'est regardé les yeux, et fichtre oui, on n'a pas la même couleur et les cheveux? bah non plus.
Donc tout est normal, yanis est juste plus foncé que les autres, avec des yeux noirs comme jade et des cheveux noirs comme maman.
jules se penche vers moi avec l'oeil brillant et me dit "bah oui, bah tu sais, même son zizi il est tout marron!"
héhé...
éléa a pouffé à l'énoncé du mot "zizi" et moi j'ai souri de la situation et un peu aussi je dois bien l'avouer d'avoir répondu correctement ( du moins je ne pense pas m'être vautrée totalement!) à cette épineuse question!!! et déjà un peu fierotte en imaginant le super petit adulte tolérant et ouvert au monde que je suis en train de fabriquer!
good job maman!
les grandes questions débarquent, d'où je viens? pourquoi je suis sorti en premier du ventre de maman? c'est quoi "toujours"? "c'est quoi l'amour?" (pour paraphraser TF one)
et avec ça mon job de maman monte en grade, attention, je sens ma responsabilité grossir à vue d'œil!
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