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mardi 13 avril 2010

rendre à césar, fin. (si toi aussi tu as une césarienne, sache que...)

Je parlais de tristesse qui t'attend... je crois qu'il y en a toujours un peu dans la naissance, quelle qu'elle soit. On l'appelle baby blues, ou dépression post-partum... on l'appelle bien comme on veut d'ailleurs mais elle est là, plus ou moins à fleur de peau.
J'ai rencontré des mamans qui "faisaient leur job" de mère de manière automatique, sans réussir à tisser de lien avec ce petit être humain si déroutant... et qui pleuraient toutes les larmes de leur corps à force de se sentir incapable d'amour.
Moi, j'ai eu cette chance immense, et pas automatique quoi qu'on en dise, de reconnaitre mon fils immédiatement dès qu'il a jailli au dessus du champ opératoire bleu. C'était lui, ce bébé tout en joues que j'avais admiré lors des échos. Au delà même il m'a semblé immédiatement déceler toute la part d'histoire familiale qu'il portait, ce petit rital aux yeux bleus, ce parfait mélange de l'Amour et moi. Je n'ai rencontré aucune barrière à l'amour, aux cajoleries , au maternage. Et immédiatement une relation mère enfant s'est établie avec ce petit d'homme qui avait déjà une personnalité marquée et à mon goût.
Pourtant vite, très vite, s'est abattue sur moi une déferlante de colère et d'impuissance. Je ne réussissais pas à passer au dessus de ce sentiment d'échec de l'accouchement, j'étais une recalée de la maternité... au rebut, rangée au fond de mon couloir avec les autres césarisées.
La première difficulté fût de réussir à attraper mon fils dans son petit lit en plexi' avec ma cicatrice fraîche... ça m'a couté quelques acrobaties et quelques pleurs de désœuvrement aussi.
Et puis quand on croit qu'on va enfin pouvoir redevenir actrice de sa maternité on se retrouve spectatrice larmoyante du premier bain, du premier change... clouée au lit, clouée et transpercée de douleur de ne pas être celle qui plonge le bébé dans l'eau tiède et qui lui parle en ce moment. Les professionnelles parlent au bébé de moi, elle lui disent que maman est juste à côté, qu'elle aimerait bien le faire mais que c'est encore trop dur pour elle, elles sont délicates mais n'imaginent pas combien chaque parole est un coup de couteau dans mon cœur béant.
Assez vite je me suis rendu compte que la tétée ne se passait pas parfaitement, les auxiliaires se suivent et me disent toutes que je fais "comme il faut" mais que la montée de lait se fait capricieuse... ça vire vite à l'obsession et ça devient douloureux sans raison apparente, le bébé est bien positionné, je n'ai pas de crevasse, je n'ai pas d'engorgement non plus...Heureusement une auxiliaire prenant sa garde de nuit passe un soir, ce doit être le troisième jour que nous nous battons avec cette histoire et que je me vide de larmes non stop... elle entre dans notre chambre, je suis seule avec mon bébé endormi et mes larmes roulent et tombent sur le drap sans que je puisse les contrôler. Elle s'assied. Elle me console, elle me pose des questions sur la naissance de Jules, sur ce que j'ai ressenti, elle me dit qu'il est beau et en pleine forme... elle me dit que ce bébé qui souri aux anges se sent bien près de moi, et qu'il a l'air ravi de sa maman... elle me demande si j'ai besoin de prendre une douche, elle m'aide à me laver les cheveux et elle fini par m'apporter un petit verre avec du lait maternisé pour que jules soit rassasié et moi rassurée pour la pesée du lendemain. La pesée... quelle horreur! Je préfèrerais ne pas en parler mais si une future maman me lit qu'elle sache qu'on pèse un bébé à la maternité, chaque matin, pour voir si il grossit bien... si la courbe de poids chute trop longtemps comme ce fût le cas pour nous, alors on se sent vraiment en dessous de tout... on est une mauvaise mère qui ne nourrit pas bien son enfant et en punition on risque de rester sous surveillance à la maternité plus longtemps... bah oui puisqu'on n'est pas encore capable.... de ces moments de pesée m'est restée une expression lâchée sous le regard interloquée de la dame devant son pèse bébé... "moi j'essaye juste de ne pas le faire mourir pour le moment"... certainement cette dame a noté l'expression et l'a répétée à la relève en disant que "la 210" (mon matricule) était bizarre... Peut être même que cette gentille auxiliaire qui prenait son temps avec nous ce soir avait su ces paroles et les avait entendues. Toujours est-il qu'elle m'a maternée pendant toute sa garde et les suivantes jusqu'à ce qu'elle me sente bien. Je n'ai jamais pu la remercier, mais je pense à elle chaque fois que mon image de mère en prend un coup. Il s'est avéré une quinzaine de jours plus tard que c'était le stress de mal faire qui empêchait la montée de lait, en effet, le jour où j'ai décidé d'abandonner, à la minute où j'ai pris la pilule qui stoppe le mécanisme de l'allaitement je me suis mise à fuir du lait de partout, jusque sur mes pieds et sur le parquet... mon médecin m'avait prévenue, il en était persuadé. Longtemps je me suis demandé si ce n'était pas la peur de mal faire qui avait aussi bloqué l'accouchement... je ne le saurai sans doute jamais, mais pour moi c'est la raison.
Je suis rentrée à la maison au bout de cinq jours, je n'avais pas le choix car mon mari n'avait pas de congé paternité, il commençait un nouveau travail cette semaine là... je suis restée seule à la maison avec ce "bébé à ne pas faire mourir", j'ai appelé deux fois sos médecin persuadée que ça n'allait pas... j'ai fait un petit tour d'ambulance pour cause de phlébite soupçonnée, et puis j'ai fini par appeler ma mère au secours...
Mon amoureux aussi gardera des séquelles de cet accouchement par césarienne en urgence. Il a été très choqué par le bloc opératoire, par mes larmes, par la fulgurance de la naissance et par son sentiment d'impuissance... à la maternité il n'est presque jamais venu seul, comme s'il avait peur... il a ressenti le besoin "d'aller à la mer" -ce qui me semble psychanalysable- dès le lendemain avec SA mère, en plus... je me suis sentie un peu honteuse face à lui, de ne pas avoir réussi à lui offrir le moment qu'on avait imaginé. Je n'ai jamais ressenti de fierté dans ses yeux, et il était trop mal à l'aise pour me prendre dans ses bras... ça s'est estompé quand j'ai pu retrouver la station debout et que les maux physiques de la naissance ont disparu. Jules avait environ 15 jours quand je me suis sentie fière de moi pour la première fois. Il n'a jamais eu l'air de souffrir de la tempête qui grondait dans nos têtes, toujours calme et éveillé... comme le sont parait-il les "bébés césarienne"... comme s'il avait conscience qu'il fallait aider ses parents à se remettre debout et ne pas rajouter à leurs peurs... Avec le recul, je me demande comment j'ai pu avoir peur pour lui... il n'y avait qu'à le regarder pour savoir que tout allait bien, que nous étions ses parents, des parents débordants d'amour, juste débutants et maladroits... et un peu surpris aussi. Mais ça dans le tumulte des premières semaines de parentalité c'est impossible.

Dans 45 jours ma deuxième césarienne est programmée. Vous allez être étonnées, c'est moi qui ai tranché pour cette solution... bien sûr j'espère secrètement que Marius se décidera à naître avant et par voie basse, la voie royale!
Mais je me refuse à penser à une seconde césarienne d'urgence, trop traumatisante. Alors quinze jours avant terme nous avons rendez-vous avec la même obstétricienne que pour Jules, dans le même bloc... l'angoisse de ne pas savoir ce qu'il se passe en moins.
Marius sera un beau bébé, joufflu comme son frère, je l'ai vu à l'écho! et cette fois mon premier mot ne sera pas "pardon" mais "bienvenue" comme il se doit. Et j'y vais avec le sentiment d'avoir pris la bonne décision pour nous quatre, j'y vais légère, mari briefé, parents prêts à venir aider, paquets de mouchoirs sur la table de nuit, prête à pleurer des larmes de désœuvrement, un peu... des armes de joie, surtout.
La césarienne n'a pas fait de moi une pire ou une meilleure maman, la césarienne m'a permis de donner la vie à un petit garçon merveilleux, bientôt deux. Si elle n'avait pas été là, peut être que lui et moi nous ne serions plus là aujourd'hui non plus, dans un autre temps dans d'autres circonstances peut être que ce recours médical n'aurait pas pu nous/lui sauver la vie...
Je n'ai plus de honte à parler de la naissance de mon fils, c'était une belle rencontre après tout... et si ça peut lever un peu le voile aux futures mamans primipares sur cette "complication" qui est finalement un beau progrès, alors tant mieux.
mères "césarisées" n'hésitez pas à demander vos bébés dès la naissance si vous en éprouvez l'envie, n'hésitez pas non plus à renoncer à allaitement si c'est trop lourd pour vous qui avez déjà tant enduré... n'hésitez pas à pleurer, ni à demander de l'aide... parfois un peu d'écoute fait des miracles.
Osez poser des questions, plein, il n'y a pas de questions idiotes. Et ne vous mettez pas la pression, vous êtes la meilleure mère qu'il soit pour cet enfant et vous seule savez ce dont vous avez besoin. La meilleure des choses, le plus naturelle c'est d'être à sa façon "maman"... et ça se construit sur le long terme et parfois dans la douleur, mais ce ne devrait pas être conditionné par votre capacité à accoucher ou à allaiter, mais par cette force innée qui déboule avec le bébé de se remettre en question pour son bien à lui, sans cesse et pour toujours. A mon sens c'est ça être mère et c'est de cela dont nous pouvons être fières.

vendredi 9 avril 2010

rendre à césar... part II.

[...] Et ce matin là tu te réveilles, étonnée d'avoir réussi à dormir. Tu ne petit-déjeunes pas, tu prends une douche et au passage tu fais une croix sur la bande annonce de la naissance, de la parfaite naissance qu'on t'avait raconté... pas de "oh chéri je perds les eaux!", pas de flaque, pas de "clac", pas de "oh oh!!! je crois que j'accouche"... tu sais qu'aujourd'hui tu vas accoucher parce que c'est noté dans ton agenda et dans celui de l'obstétricien. Pour autant tu te dis que ça va être magique quand même, au moins ça t'enlève cette petite peur intime que le papa ne soit pas là à temps pour te couvrir de louanges et pleurer à chaudes larmes sur le bébé tout neuf... tiens! en parlant de Neuf, c'est à 9:00 que tu as RDV , alors il ne faut plus traîner. Tu prends une dernière photo sous laquelle tu écriras "avant de partir à la maternité" dans l'album que tu feras probablement.
A 9:30 on t'installe dans la salle d'accouchement, dans la pièce d'à côté une maman crie, elle va recevoir son bébé bientôt c'est sûr, et crois moi à ce moment là tu as envie d'arracher ta perfusion et de courir, le plus loin possible. Et tu lis dans le regard de ton amoureux qu'il est à deux doigts de faire de même. La sage femme te pose la poche d'ocytocine et te déclare bouche en cœur, "oh! à 12-13 heures il sera là ce bébé!" (Elle a même ajouté "allez! j'envoie la sauce!" ce qui m'a fait rire: je ne m'attendais pas à entendre ça en salle de naissance.)
Au début toi et lui vous êtes dans les starting-blocks , le monitoring fait de grandes courbes et vous avez bien répété les positions, les respirations... coussin d'allaitement bien calé, brumisateur en main, vous êtes prêts.
Deux heures plus tard, le monitoring fait toujours des bonds réguliers, toi tu ne sais pas pourquoi, tu n'as pas mal pour autant. Lui, il a lu trois fois son teknikart et c'est pas tout ça mais il commence à avoir la dalle... il est 12:30 et toujours pas de bébé en vue, d'ailleurs toujours pas d'accouchement en vue non plus... ton col est toujours à 1,5. La sage femme vient de moins en moins souvent, tu te demandes si elle t'évite ou quoi... un peu plus loin tu entends un nouveau bébé qui crie pour la première fois et les encouragement dans une autre salle... ça te fait penser à cet épisode de friends où Rachel accouche... finalement tu envoies ton chéri manger un morceau parce que tu en as marre de le voir grignoter des snickers en douce. De toute façon c'est pas parti pour se précipiter.
Quand il revient, les contractions sont devenues douloureuses. La sage femme te dit "ah bah ça y est le produit fait effet" maintenant que c'est lancé ça ne s'arrêtera plus. Tu touches du doigt le film que tu t'étais fait: t'as mal, mais tu gères bien. Ton chéri se fait discret mais ne tombe pas dans le pommes et tu sens l'effervescence poindre. Tu te dis que le plus dur reste à faire et le plus beau reste à vivre et tu te rappelles des paroles de ta mère "quand il est là tu ne te souviens plus de la souffrance, tu vas voir... mais je vais pas te mentir: ça fait mal." Le mal joli... pour le moment tu ne t'en plains pas, pour un peu t'aurais presque l'impression que la douleur s'estompe vraiment. Tu te dis qu'en effet ça a vaguement l'air de grosses douleurs de règle, mais alors grosses quand même.
Une heure plus tard tu es assise sur la table d'accouchement et tu te marres avec chéri... les contractions se sont arrêtées, oui finalement parfois le travail s'arrête... on te dit que tu es un cas d'école. A ce moment là tu sais, tu sens, que quelque chose est anormal, tu sais que tu vas avoir une césarienne... si seulement tu avais un couteau tu te la ferais bien toi même tellement tu t'emmerdes, oui: tu t'emmerdes. Tu penses avoir touché le fond quand le monitoring fait un bruit moins régulier... tu comprends que ton bébé a le cœur qui fatigue, tu ne dis rien, tu ne veux pas alarmer ton amoureux qui, lui, regrette de ne pas avoir un jeu de tarot pour faire une crapette... Tu lui proposes de mettre cet album sur le lecteur cd, ça sera mieux avec de la musique...
à la fin de l'album, toujours pas de bébé. Toujours pas de travail.
On te pose une seconde poche en te disant que c'est la première fois qu'on fait ça de sa carrière -15 ans de carrière- on te dit qu'on va faire venir l'obstétricienne de garde, parce que là il est 19 heures et que ça commence à être bizarre.
Elle lit dans ton regard que tu as peur pour le bébé et que tu es épuisée. Elle sait aussi que tu n'avais pas vraiment envisagé une césarienne. Elle te dit "on se laisse une heure et on se décide". Toi tu sais que c'est tout vu. Tu regrettes d'avoir fait l'impasse sur le chapitre "complications" et celui-ci te revient en vrac, comme il t'as été donné.... mort né, handicap, manque d'oxygène, césarienne. Tu tombes dans un trou, comme dans les cauchemars au cinéma. Une heure plus tard on te rase, on te déshabille, on se dépêche en faisant bien attention de ne laisser transparaître aucune inquiétude... toi, tu répètes qu'il faut expliquer à ton amoureux, qu'il va flipper... et t'as raison: il flippe à mort. Il est devenu beige de trouille. On vous emporte en salle d'opération, on te pose une rachi-anesthésie: tu perds le bas de ton corps, tu pleures, tu es devenue une marionnette... de l'autre côté du champ on te dit "ne vous inquiétez pas, vous allez entendre un bruit d'aspiration, et il sera avec nous, tout se passe bien". Tu ne t'inquiète pas non, tu as juste l'impression que tu vas mourir. Petit bruit bizarre. Petit cri. Et voilà ton bébé qui "passe la tête" au dessus du champ...
Tu trouves qu'il ressemble à ton frère, mais à peine tu as posé les yeux sur lui qu'on l'emmène avec ton amoureux. Tu pleures silencieusement. Les gens viennent te féliciter un par un et tu trouves ça à la fois adorable et frustrant. On te recoud. On te parle pour ne pas que tu tournes de l'œil avec toutes ces émotions. Et puis ils reviennent, ton bébé est dans les bras de son père, il te pose sa tête dans ton cou, tu ne peux pas le prendre dans tes bras pour le moment ... tu demandes 14 fois si il va bien, on te dit que tout va très bien. Cette fois ci tu pleures de bonheur et tu goûtes à une sensation nouvelle, une sensation sans nom.
Tu es recousue maintenant, on enlève tout le matériel chirurgical, on te pose sur un brancard et avant de sortir du bloc la sage femme arrête tout le monde. Elle demande qu'on pose le bébé sur ton ventre. Enfin. Tu n'osais même pas le demander.
Tu sens cette boule chaude sur toi et en même temps que tu savoures le moment tu te réjouis de pouvoir sortir du bloc "comme toutes les mamans" avec ton bébé sur le ventre.
On vous laisse tous les trois dans une salle d'accouchement pendant deux heures. Tu peux souffler, c'est fait. Tout le monde est là et en forme. Pour le moment tu es dans la joie... tu ne te doutes pas de la tristesse qui t'attend.
à suivre.

mercredi 7 avril 2010

rendre à César...Petit billet sur la naissance par césarienne.

Suite à mon précédent billet, on m'a posé des questions sur la césarienne... Longtemps je me suis sentie incapable de relever sur le sujet, mais à l'aube d'une nouvelle expérience de la césarienne je me sens prête à raconter.

Pour Jules , j'ai fait ma préparation à la naissance, les 8 séances, sagement. 8 séances pendant lesquelles on nous a présenté la naissance, l'épisio'... où il a fallu présenter leur périnée à beaucoup des jeunes mamans ébahies d'avoir un truc comme ça sans le savoir... héhé. On a causé de trucs de femmes, de trucs de mères... on nous a glissé que ce serait des fois dur, mais que quand même ce serait Absolument merveilleux et magique et naturel et tout et tout et tout... Bien sûr, le bébé serait le plus beau du monde et on l'aimerait au premier regard et on se reconnaitrait immédiatement, chabada bada.
L'espace de cinq minutes on a quand même passé en revue les "complications": mort nés, malformations, handicaps, manque d'oxygène, réanimation, tuyaux et dans le paquet la césarienne... vite vite énumérées ces complications mal rangées et rebutantes on été vite vite vite été poussées d'un revers de la main puisque de toute façon ça ne nous arriverait pas (bien découper la phrase en syllabes façon mantra), hein, y a pas de raison. Et si on vous racontait cette naissance dans le couloir, incroyable! On finira la préparation en vous assurant qu'en bonne-mère-aimante-et-parfaite vous aurez suffisamment de lait pour éradiquer la faim dans le monde et hop on vous refile l'adresse du lactarium et de la leche league en prenant un air conspirateur presque gourou; "viens! rejoins nous! luttons contre l'industrie de la biberonnerie". On aura à coup sûr oublié de vous dire que les dits biberons sont remplis de cochonneries et interdits dans certains pays et que ce serait plus judicieux de prendre des biberons en verre au cas où tu n'aurais pas la possibilité d'allaiter... de toute façon tu t'en fous puisqu'appliquée à essayer d'être une bonne mère tu te dis que tu vas allaiter jusqu'à ses deux ans minimum et à la demande siouplé!
Tu n'auras pas posé de questions sur la mort subite du nourrisson, de peur d'effrayer tes comparses bisounours, ni sur les autres doutes affreux qui t'assaillent quand tu ne réussis pas à dormir, de peur de passer pour une future mère assez incapable et les séances se terminent.
Certainement tu auras acheté deux trois bouquins pour tenter de répondre aux questions tabous, des bouquins écrits par des mémés et qui t'auront torché elles aussi un chapitre "complications en vrac", abominable, avec deux trois trucs effrayants en plus auxquels tu n'aurais pas pensé toute seule.
T'as la trouille au ventre en plus de tout ce qui le rempli et voilà que la date du terme arrive.
Le bébé tarde à se pointer, on te déclare que là c'est vendredi soir, on ne peut rien pour toi, tu reviens lundi pour déclencher parce qu'il manque de liquide amniotique. Toi qui n'es pas médecin tu te fais des films tout le weekend parce que, forcément, ton bébé ne baignant plus dans assez d'eau il doit être en souffrance, sans compter les contractions qui le secouent inutilement toutes les deux minutes depuis deux semaines. Tu flippes comme une dingue entre deux moments de joie immense à l'idée de rencontrer enfin celui pour qui tu vis jour et nuit depuis 9 mois maintenant. Tu te dis que cette fois tu vas enfanter, tu vas devenir une vraie femme, une mère... tu vas rentrer dans le cercle... tu te déroules le film de la naissance: ton chéri en pleurs te vouant une admiration sans borne, les sages femmes discrètes; tu as tout fait toute seule c'est pour ça que tu as précisément choisi une maison de la naissance... tu es à peine décoiffée quand enfin le divin enfant joufflu vient se poser entre tes seins et que tu sens cette petite boule d'amour se délecter de ton colostrum salvateur. Tu t'endors, t'as presque plus peur d'avoir mal.

... à suivre.